Accueil du site > Vie locale > Patrimoine culturel

Château de Mursay

Retour page précédente

Un château classé Monument Historique
Les ruines du château ont été classées Monument Historique le 06 février 1952. Cette protection a permis d’empêcher la propriétaire de l’époque de vendre les balustrades en fer forgé ou les cheminées, mais cela n’avait pas pour autant débouché sur des travaux. La Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres avait demandé la protection du château au titre des Monuments Historiques dès 1935 mais ce n’est qu’après de nombreuses tentatives qu’il a donc été classé en 1952.

Des travaux de sauvegarde ont été entrepris

Par délibération en date du 9 décembre 2002, la Communauté d’Agglomération de Niort s’est portée acquéreur du Château de Mursay pour la somme de 12 000€. Mais le château ne ressemblait plus qu’à une ruine romantique, sans toit, les murs éventrés, envahi de ronces et d’arbres.

Un projet architectural et technique de dévégétalisation et de consolidation des ruines dont le financement a été pris en charge par la CAN, le Département et l’Etat a été réalisé de février à septembre 2004 par François Jeanneau, architecte en chef des Monuments Historiques.

Réception des travaux de dévégétalisation et de sauvegarde du château le 30 septembre 2004 (travaux réalisés de février à septembre 2004).

Présentation du site

Le château se compose d’un corps de logis rectangulaire avec une tour circulaire à chaque angle, les tours du nord étant plus développées que celles du sud. Désaxée, la travée de l’escalier est marquée par un pavillon central, plus haut que les ailes la térales.

Le corps de logis est construit sur un terre-plein bordé de douves alimentées par la Sèvre au nord, à l’est et à l’ouest, tandis qu’au sud, il ouvre sur une prairie limitée par le bras de la Sèvre. Chaque angle du terre-plein est f la nqué d’une tour circulaire. L’une d’elles, au sud-est, possède une adjonction de plan quadrangulaire et abrite une chapelle.

L’accès au terre-plein se faisait par un pont-levis, remplacé par une passerelle portée par des piliers maçonnés. Aujourd’hui, la passerelle n’existe plus qu’à l’état de ruine, et le château n’est accessible que par barques. On distingue encore un muret de pierres sèches ouvert d’un portail.

La construction est en pierre de taille de calcaire de la région. Les charpentes, couvertures, p la nchers ont totalement disparu faute d’entretien depuis la seconde guerre mondiale. Cet état de dé la brement a été accentué par un incendie survenu le 11 août 1939 et qui a endommagé une des tours.

Le corps de logis présente un rez-de-chaussée et un premier étage, tandis que les tours possédaient un étage supérieur. Le pavillon d’escalier plus haut était couvert par une couverture à quatre pans, alors que le reste de l’édifice était couvert par une toiture peu pentue en tuiles creuses. Les tours et le pavillon marquant l’escalier étaient protégés d’une couverture en ardoise.

Le plan du château de Mursay (un corps de logis rectangulaire avec une tour à chaque angle) se rapproche de ceux de Bois-Rateau, de l’Herbaudière.

Un peu d’histoire

On sait assez peu de choses sur la construction du château de Mursay. Dans un inventaire réalisé en 1613 au moment du mariage de Marie d’Aubigné, seconde fille d’Agrippa et de Josué de Caumont d’Adde, le château est dit "basty fortement et commodément tout à neuf". D’après les recherches du docteur Merle, il aurait été construit à la fin du XVIe siècle par les grands-parents de Suzanne de Lezay, épouse d’Agrippa d’Aubigné, François de Vivonne et Adrienne de Vallée. Les ruines de la bâtisse actuelle possèdent encore des éléments d’architecture et de décor de la seconde Renaissance, mais on trouve également à l’intérieur des cheminées plus anciennes, restes possibles d’une construction primitive.

Le château peut s’enorgueillir d’avoir abrité d’illustres personnes. Issu d’une famille protestante, Agrippa d’Aubigné aurait accueilli plusieurs fois Henri de Navarre. A la mort du poète, c’est sa fille, Louise Arthémise qui hérite du château de Mursay. Elle accueille sa nièce, Françoise d’Aubigné, dont les parents étaient enfermés à la prison de Niort. Après avoir été l’épouse du poète Scarron, Françoise sera la nourrice des enfants du roi, avant de devenir madame de Maintenon, dernière compagne du roi Louis XIV.

A la fin du XVIIe siècle, le château appartient à Philippe de Valois, chevalier, seigneur et marquis de Villette Mursay. Le 17 septembre 1698, Philippe de Valois cède le domaine de Mursay à son neveu Jean de Saint Hermine, ce qui est l’occasion de l’écriture d’un inventaire du château extrêmement précis. Y sont confirmées l’existence d’un pont-levis, la présence d’un escalier dans une tour et d’un second d’honneur, la répartition des pièces et la chapelle dans une des tours. Il est également précisé que les fossés étaient limités d’un muret à balustrades.

Le château est acquis en 1776 par Antoine Martin, riche négociant, juge, conseiller des marchands et échevin de la Ville de Niort. Pendant une bonne partie du XIXe siècle, le château s’était transmis de mère en fille avant d’être vendu le 14 décembre 1940 à M. Eugène Bourdezeau. Sa fille en était encore propriétaire en 1987.